mardi 16 octobre 2007

Réduction des champs du possible

Garbage art- AmsterdamRéduction du champ des possibles ou réduction des champs du possible, j'avoue avoir hésité quant au titre. Mais non c'est bien le bon que j'ai choisi et je vais m'en expliquer.
Cette réflexion vient en complément du précédent article "Ton horloge retarde de 4 minutes, on dirait". Rappelez-vous nos explorateurs qui explorent de l'autre côté de l'atlantique sans savoir même quel heure il est en Europe, alors que maintenant on sait tout de tout en temps réel.
La physique quantique nous expose, en résumé, que plusieurs possibles existent pour la réalité. Ne pensez-vous pas qu'avec la technologie moderne et l'ère de la communication globale, nous restreignions ces possibles, puisque notre imagination est contrainte, de fait, par les informations que nous pouvons recevoir sur tout en temps réel ?
Quand nous pensons à une situation précise avec des personnes précises qui évoluent dans des lieux précis, est-ce la réalité ou une autre réalité ? Sinon qu'est-ce ? Est-ce moins réel que ce que les gens vivent vraiment ? Avant on ne pouvait que supputer ce que les gens vivaient hors de notre vue, maintenant un simple coup de fil nous ramène dans leur réalité où qu'ils soient, ceci est encore plus vrai depuis l'avénement du téléphone mobile et l'explosion de son usage.
Quelles libertés reste-il aux possibles différents ? Même si à un moment ils peuvent exister concomitamment, le fait de rapprocher les personnes par la communication instantanée les annihilent.
Une preuve par l'exemple : sur la photo ci dessus, prise à Amsterdam, que savons-nous de ce couple à vélo ? Où allaient-ils, qu'ont-ils fait le soir même, le lendemain ? Et que font-ils à cette heure présente ? Tout est imaginable, tous les possibles sont envisageables, et chacun d'entre nous aura le sien ou même les siens. Et cela car vous comme moi nous ne les connaissons pas. Mais il suffirait, pour restreindre le champ des possibilités, que nous disposions de leur numéro de portable, par exemple, pour n'avoir plus qu'une possibilité de leur réel.




Autre souvenir d'Amsterdam sur cette photo, décidément cette ville m'inspire, nous y étions le soir du résultat du deuxième tour des élections présidentielles 2007. Si nous n'avions pas allumé la télévision pour voir les infos (notre amie captait les chaînes françaises sur le câble), nous aurions pu tout imaginer jusqu'à notre retour en France. Une victoire de Ségolène par exemple, avec toutes les conséquences différentes pour notre quotidien d'aujourd'hui. C'est ce que l'on appelle une uchronie. L'uchronie (alternate history en anglais) est un genre littéraire qui repose sur le principe de la réécriture de l’Histoire à partir de la modification d’un événement du passé.« Le nez de Cléopâtre, s’il eût été plus court, toute la face de la terre aurait changé » ( Blaise Pascal, Pensées, 90).
Voilà c'était la pensée du soir, peut être n'a-t-elle aucune importance, mais elle trotte quand même parfois dans ma tête. Pensez-y vous même de temps en temps, vous verrez ...
Je vous souhaite le bonsoir.
The Binman

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